• Document: Roald Dahl. La potion magique de Georges Bouillon
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Roald Dahl La potion magique de Georges Bouillon Traduit de l’anglais par Marie-Raymond Farré Illustrations de Quentin Blake Titre original : George’s Marvellous Medecine ISBN : 2-07-051340-8 Loin0 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. © Roald Dahl Nominee Ltd, 1981, pour le texte © Quentin Blake, 1981, pour les illustrations © Éditions Gallimard, 1982, pour la traduction française © Éditions Gallimard, 1988, pour le supplément © Éditions Gallimard Jeunesse, 1997, pour la présente édition Dépôt légal : octobre 2006 1 » dépôt légal dans la même collection : janvier 1988 N° d’édition : 147960 – N° d’impression : 81458 Imprimé en France sur les presses de la Société Nouvelle Firmin-Didot Ce livre est dédié à tous les médecins. Grandma Un samedi matin, la mère de Georges Bouillon dit à son fils : — Je vais faire des courses au village. Sois sage et ne fais pas de bêtises. Voilà exactement ce qu’il ne faut pas dire à un petit garçon, car cela lui donne aussitôt l’idée d’en faire ! — Et à onze heures, n’oublie pas de donner sa potion à Grandma, poursuivit la mère. Puis elle sortit en refermant la porte. Grandma, qui sommeillait dans son fauteuil, près de la fenêtre, ouvrit un petit oeil méchant. — Tu as entendu ce qu’a dit ta mère, Georges, aboya-t-elle. N’oublie pas ma potion. — Non, Grandma, dit Georges. — Et pour une fois, sois sage tant qu’elle n’est pas là. — Oui, Grandma, dit Georges. Georges s’ennuyait à mourir. Il n’avait ni frère ni soeur. Son père était fermier et, comme la ferme était loin de tout, Georges n’avait pas d’amis avec qui jouer. Il en avait assez de contempler les cochons, les poules, les vaches et les moutons. Et surtout, il en avait par-dessus la tête de vivre dans la même maison que cette vieille ourse mal léchée de Grandma. Passer son samedi matin à s’occuper d’elle ne le réjouissait guère. — Prépare-moi une petite tasse de thé, dit Grandma à Georges. Ça t’empêchera de faire des bêtises pendant un moment. — Oui, Grandma, répondit Georges. Georges n’y pouvait rien, il détestait Grandma. C’était une vieille femme grincheuse et égoïste qui avait des dents jaunâtres et une petite bouche toute ridée comme le derrière d’un chien. — Combien de cuillerées de sucre dans ton thé, aujourd’hui, Grandma ? demanda Georges. — Une, répondit-elle sèchement. Et n’ajoute pas de lait. La plupart des grand-mères sont d’adorables vieilles dames, gentilles et serviables, mais pas celle-la. Elle passait sa journée, toutes ses journées, assise dans son fauteuil, près de la fenêtre et elle était tout le temps en train de se plaindre, de bougonner, de ronchonner, de râler et de pester sur tout et sur rien. Jamais, même dans ses bons jours, elle n’avait souri à Georges, jamais elle ne lui avait dit : « Bonjour, Georges, comment ça va ? » ni : « Et si on jouait au jeu de l’oie ? » ni : « Comment ça s’est passé à l’école aujourd’hui ? » Elle ne s’intéressait qu’à elle. C’était une affreuse vieille mégère. Georges alla à la cuisine et prépara une tasse de thé avec un sachet. Il mit une cuillerée de sucre en poudre, remua et apporta la tasse dans la salle de séjour. Grandma but une petite gorgée de thé. — Il n’est pas assez sucré, dit-elle. Ajoute un peu de sucre. Georges ramena la tasse dans la cuisine et ajouta une autre cuillerée de sucre. Puis il remua et rapporta la tasse à Grandma. — Où est la soucoupe ? demanda-t-elle. Je veux une soucoupe avec ma tasse. Georges partit chercher une soucoupe. — Et la cuillère, s’il te plaît ? — J’ai remué pour toi, Grandma. J’ai bien remué. — Merci bien, je remue mon thé, moi-même, dit- elle. Va me chercher une cuillère. Georges alla chercher la cuillère. Quand les parents de Georges étaient à la maison, Grandma ne se montrait jamais aussi capricieuse. Mais quand elle restait seule avec lui, elle le rudoyait sans cesse. — Tu sais ce qui ne va pas, chez toi ? dit la vieille femme, en regardant Georges de ses petits yeux brillant de méchanceté. Tu grandis trop vite. Les garçons qui grandissent trop vite deviennent stupides et paresseux. — Mais je n’y peux rien, Grandma, répliqua Georges. — Si, tu peux, coupa-t-elle. Grandir est une sale manie des enfants. — Mais on doit grandir, Grandma. Si on ne grandit pas, on ne devient jamais une grande personne. — C’est idiot, mon garçon, dit-elle. Idiot. Regarde- moi. Est-ce que je grandis, moi ? Sûrement pas. — Mais tu as grandi autrefois, Grandma. — Un petit peu seulement, dit la vieille femme. J’ai cessé de grandir

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