• Document: Dynamique et impacts de l'extraction du diamant dans les lits fluviaux des rivières Boungou et Pipi en République centrafricaine
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Geo-Eco-Trop, 2004, 28, 1-2: 39-52 Dynamique et impacts de l'extraction du diamant dans les lits fluviaux des rivières Boungou et Pipi en République centrafricaine Diamond mining impacts and dynamics in river beds : the Boungou and Pipi rivers in Central African Republic Cyriaque-Rufin NGUIMALET 1 Abstract: In the Central African republic, on the Mouka-Ouadda Plateau, diamond's exploitation in alluvial deposits is made with rudimentary tools. Miners build dams with tree trunks and sediments across rivers beds and the flow is sent into canals of diversion. So, extraction can be made in alluvial bottoms and the canal's water used for washing operations. These practices have two geomorphological effects on environment: 1) incision or regressive erosion of rivers' beds with moving of the channels and 2) lateral erosion on the banks of rivers and canals. These effects are more important in the upstream sections where the slopes are steeper. Keys words: Central African Republic - alluvial diamond - traditional exploitation - river beds - Mouka Ouadda Plateau. Résumé: En République centrafricaine, l'exploitation artisanale du diamant concerne les dépôts alluvionnaires. Ce qui caractérise la dynamique de cette activité dans les lits fluviaux, c'est essentiellement la technique de dérivation qui induit une anthropisation de plus en plus poussée des hydrosystèmes. Ces extractions en lit fluvial, pratiquées avec des outils simples, voire rudimentaires, désorganisent les rivières, et les barrages construits dans les talwegs apparaissent comme des « contrôles externes » qui obligent les cours d'eau à réagir. Le réajustement géomorphologique est la conséquence de ce processus anthropogénique. Ainsi, deux types d'impacts se remarquent dans l'extraction des lits fluviaux sur le Plateau de Mouka-Ouadda, roche-magasin du diamant exploité : l'incision ou érosion régressive, qui engendre une défluviation en modifiant le niveau de base, et l'élargissement des lits fluviaux ou érosion latérale. Ces réponses géomorphologiques s'expliquent par les pentes relativement élevées de la Pipi et de la Boungou, et sont plus caractéristiques des tronçons amont. Mots clés: Centrafrique - diamant alluvial - exploitation artisanale - lits fluviaux - Plateau de Mouka-Ouadda INTRODUCTION Comme partout ailleurs dans le monde où se pose le problème de la valorisation des ressources minérales, l'extraction du diamant dans les lits fluviaux est d'actualité en République centrafricaine. Son étude s'applique à l'une des deux zones diamantifères du pays, située au centre-NE : la Formation de Mouka-Ouadda, particulièrement le long de deux affluents de la Kotto (la Pipi et la Boungou), qui est l'un des plus grands cours d'eau de l'Est du Centrafrique (Fig. 1). Cette activité a certes des effets socio-économiques positifs pour les diamantaires (artisans et collecteurs), et aussi pour l'Etat par la perception des taxes ; toutefois elle affecte directement les cours d'eau. La perception de la dynamique extractive et de ses impacts en Centrafrique a été essentiellement étudiée du point de vue socio-économique (GOMA, 1979 ; GOMA-BOUANGA, 1982 ; ASSANAS, 1984 ; PAPOTO, 1984 ; BIARO-BENEBANDI, 1987). La prise en compte du milieu Laboratoire de Géographie Physique « P. Birot », CNRS-UMR 8591, 1, Place A. Briand 92195 MEUDON Cedex 1 Département de Géographie, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, B.P. : 1037 Bangui (République centrafricaine) émail: cnguimalet@yahoo.fr 39 physique est relativement récente (NGUIMALET, 1995, 1998 ; NGUIMALET et CENSIER, 2000), notamment dans les cours d'eau et les vallées qui constituent les gîtes du diamant alluvionnaire de ce pays. Or les cours d'eau sont des milieux éminemment sensibles aux perturbations des écoulements et des flux sédimentaires enregistrées dans les bassins-versants (BRAVARD, 1994). L'hypothèse est que les techniques d'extraction en lit fluvial désorganisent les cours d'eau et modifient la morphologie des chenaux. Ces processus ont été étudiés, notamment par JAMES (1989), GAUTIER (1994), MOSSA et McLEAN (1997). Le phénomène et les processus que nous analysons dans ce travail ressemblent à ceux qui sont étudiés par JAMES (1989), sauf que les types d'exploitation (mécanisée et artisanale) diffèrent, et donc les volumes de matériaux mobilisés, entre les Etats-Unis et le Centrafrique. L'extraction des fonds de vallée de la Pipi et de la Boungou est réalisée à l'aide de forages en plaine d'inondation, de barrages en lit vif et de dérivations de l'eau par un canal (KORABLEFF, 1940) ; elle n'est pas sans conséquences durables sur l'équili

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